24 octobre 2011

FORET EN AUTOMNE



Abondante végétation qui nous jalonne,
Tant d'ivraie pour nos regards et nos mémoires,
sur les forêts éternelles
aux ancêtres indomptables, sacrés,
aux jeunes descendants hardis
et promettant sous les taillis.

Puissante germination, robustes drageons,
élégantes et persistantes racines,
constante élévation dans la douceur du temps.

A l'aube de ce jour naissant,
je vais contempler les arbres,
de l'orée du bois,
jusqu'au plein coeur de la sylve,
comme un oiseau affamé.
Je ne m'en lasse pas.
C'est un rythme éternel
qui jamais ne s'évanouira en moi.
Car la forêt est dans mon coeur.


A l'est,
le soleil émerge à l'horizon,
surplombant les plateaux
et les menus vallons.
A l'ouest,
il inonde la lisière du bois,
séparant par une ornière peu profonde
les terres hersées la veille ,
et la forêt en mutation.

Je suis seule avec les oiseaux, les arbres,
les animaux cachés, et le petit vent du nord.

La fraîcheur de l'air,
regorgeant d'un filet frais
de saveur subtile
de pin et d'humus,
stimule mon réveil.
Le silence est pénétrant.
Il vient se fondre
aux bruits minuscules
de la vie animale dans la futaie.



Je marche,
dans le grand frisson du royaume sylvestre.


Je me rappelle à chaque fois, en un éclair,
le cadeau éternel pour les êtres humains de la terre :
la forêt naissante,
ses plaines et l'horizon qui l'auréolent.

Pas un bruit.
Ma petite silhouette et la création dominante,
les senteurs boisés,
l'asile végétal et sauvage.
Je suis en harmonie.
La forêt dense, l'humus,
les milliers de brindilles, de branches, de feuilles,
mes émotions maîtrisées,
et la beauté de la lumière
des rayons du soleil,
filtrée sur les troncs
et le sol moelleux de végétation grouillante.
La diversité dans l'unité.

De sentiers en sentiers, de silence en silence,
reposent des mousses encore trempées,
accrochées aux troncs centenaires,
et triomphant en duo
avec les majestueuses fougères.

Eternellement,
je remplis mes yeux de milliers de feuilles
aux couleurs de feu,
les unes vives,
les autres plus douces et délavées.

Les cépées nous offrent
un théâtre vivant,
taillé par la saison,
scène magique, chaude et féerique.
J'avance toujours dans les feuillages,
Descendant vers le creux d’un pré,
encerclé de bois,de nature sauvage.
De grandes herbes sèches
évoquant un friche,
étoffent le milieu.

D'un oeil vif, j'admire le jaune et rose léger
des cerisiers sauvages aux troncs lisses
piqués de petits points minuscules,
le cuivre luisant des feuilles de jeunes hêtres,
le jaune doux des érables de tout acabit,
Le rouge sang des ronces rampantes
Le lit de vin des cornouillers,
la blondeur des mélèzes,
et le marron des charmilles
entourées de pins parasol,
de buissons serrés,
et d'aubépine noire
aux épines affûtées.


Je voudrais que le temps s'arrête
afin que je me purge de cette immensité.

Le cortège de feu
des couleurs de l'automne
vient se greffer dans la volupté sauvage du feuillage,
trônant les hautes herbes.

Les feuilles de toute forme,
incarnées dans les branches du houppier,
dansent sous la brise,
avant d'être portées par les vents cardinaux,
et d'embrasser, en se balançant, l'humus envoûtant.

Le vent se lève,
les cimes bougent sous son ardeur,
et font relief
sur le ciel bleu et les nuages blancs.


Les arbres tendent leurs bras ligneux,
horizontaux, verticaux, tortueux,
résultant du voyage de leur naissance.

Ces chandeliers où il ne manque plus que la lumière,
déploient leurs branches mères,
grises, beiges, rosées,
mouchetées de blanc,
lisses, craquelées,
noires et rugueuses,
à l'écorce déroulée,
aux dessins magiques.
Des milliers d'artères
propulsent mille brindilles ramifiées,
et rejoignent avec tradition le ciel.


Je me dits sans nul doute,
que leur but est comme pour le nôtre :
de gagner l'éternité,
d'être un canal déversant l'oxygène de vie,
le souffle et la beauté,
et enjouer le coeur,
le corps et les yeux des hommes.

Dénués de cette puissance vivante, qui sommes-nous ?

Oh Forêt,
nous sommes les vassaux
de votre Seigneurie,
bienfaisante et intelligente !

Nous courbons l'échine
devant votre force,
votre grandeur, votre grâce,
admirons la robustesse,
et l'éternité de vos générations.

De petits nains......, qui ont besoin de votre présence .....

La Nature est dans nos coeurs,
dans celui de nos Aïeux et futurs Enfants,
dans celui de nos Amis les Oiseaux,
et de notre Famille royale, les Animaux de la Terre.


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LES PRINCES DU CIEL, DU VENT, ET DE LA TERRE

Du haut de leur domaine, ils dominent ici
Dans leur dessein, peuplade et dynastie
Sous les nuages, affrontent les courants
Duvet flottant à la croisée des vents

Mille plumes à la voilure
Fendent l’air dans la grâce
Planent dans l’éther
Liant l’ allure
Ils tracent dans l’espace
D’élégantes figures
Ecartés de la Terre
Trônent l’immensité
Bien loin des densités

Indomptables oiseaux
A l’invincible beauté
Réveillent l’humanité
Ses yeux, sa raison
Son rêve ou sa mission

Contemplez-les
Ces cœurs pacifiques
Dans les hauteurs de l’atmosphère
Les escadrons avancent
Sur les baies immenses
Scènes pathétiques
Au parc du Marquenterre.
Escales authentiques
Dans la baie Somme
Moments idylliques
Destinés à l’homme

Le cortège de grues
Aux cris enchevêtrés
Approche les bocages
Les rus et marécages
Le butor étoilé
Sous les roseaux touffus
Protège sa nichée
Des oiseaux à l’affût

Dans les forêts de France
Quand le faucon trame son nid
Les oies survolent la Roumanie
Pour engendrer en Sibérie
Et recréer la transhumance
Des rivages du Danube
aux garrigues de Provence
Des étangs au marais, ils incubent

Le condor du Tibet
A la plume impériale
Sur les rochers dévale
Avec habileté

La mer nacrée du Nord
Cadence ses marées
Où goélands s’invitent
Aux poissonneries du port
En litanies mêlées
Toisent les crustacées
Que les pêcheurs héritent
A bâbord ou à tribord
A toute volée

Les mouettes bavardent
Dans les grands vents marins
Et rumeurs de la mer
A hauteur de l’écume
Des crêtes et de l’embrun
Arguant l’éternité
L’espace et l’Univers
Elles chantent leur âme
Sur les Eaux de cocagne
Quand retombe la lame
L’écho des cris s’éloigne
Sur les dunes boisées
et les rochers s’attardent
Où coule l’eau iodée
Lissant la plume
Dans la harde





Mercredi 19 septembre 2007

Violet en Conception


Le crépuscule descend
De violets nuages
voyagent sur la dune.
Leur beauté révèle
des secrets derrière le voile.
Ils semblent me dire
qu’ au-dessus de la voûte
l’Univers est encore
Beaucoup plus souverain
Devant moi se dresse,
un ravissant jardin
recélant une essence
de couleur mauve,
inondant la corolle des fleurs.
Des lilas exhalent
un parfum enivrant.


Près d'un mur,
de violines lueurs
oscillent dans les veines
de petits iris
parcourant les pavés
de pierre polie
Séraphique allégorie du paradis.
Au seuil du jardin,
pendent de jolis fruits
aux tons pourpres
et violets amalgamés,
enluminant la chair des prunes.
Les couleurs violacées
coulent et lavent
les veines des fragments de vie,
comme un savon entraînant les scories.
Les violets regorgent de pureté,
évoquant la douceur et l'extase.





Je cogite,
Pénètre dans les fouilles
Délirantes de mes pensées,
dans les profondeurs
de l’axiome,
où la compréhension
cherche à s'éclaircir.

Je ressasse en songeant
à la cause
de l'infini mouvement
des particules
qui dansent la farandole
dans l'ordre cosmographique.


Corpuscules traçant
La future naissance des nuances,
De violines et de mauve,
Lilas et lie-de-vin


Elles s'incorporent
dans la cadence et la mesure.
Le nombre de leurs vibrations à la seconde
Engendre la différence de leur couleur
Au terme de leurs ballets d'union,
enfantent les fréquences
que nous baptisons violet...
Résultante du manège parcouru.


L'incalculable alliance
de l'originel grain en fusion,
à la croisée
des bleus et des grenats.
Le monde l’appelle
l'apanage du triangle.



Archives du blog

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GEOMETRIE DES COMMUNIONS


La discipline des approches



Parlez-moi, J'effleurerai votre armature,

Je devinerai votre nature.
Si je me trompe,
Je corrigerai mon empressement.
J'établirai des interludes de réflexion.
Si mes pensées sont bien fondées,
Je laisserai encore le temps,
Le temps d'écouter, de recevoir,
se mettre en harmonie
Intermède où se découvrent deux esprits
Si l'aversion doit l'emporter,
Nos mondes ne devront pas s'amalgamer.
Le détachement ,la tolérance, oscilleront
Dans la justice inévitable des relations.
Si l'attraction triomphe et me distrait
Je penserai, cogiterai et songerai
A établir un échiquier de la fusion.
Me direz-vous, Naturelle sera la connexion
Mais avec vous, j'aspirerai anticiper la conception
Si ma nature consentira la vôtre,
Et mon humeur adoptera vos attitudes,
Si mes silences épouseront vos discrétions
Je laisserai le temps, le naturel et le déclique
Sonner le verdict des atomes identiques
Ou des contraires sympathiques.




L’âme et l’écriture

Sur papyrus ou parchemin
Papier chiffon, papier de bois
Traduit la joie et les chagrins
Réconcilie raison et foi

Scelle les rêves et ses épreuves
Peint ses aveux ou son destin
Dans le silence, elle s’abreuve
De l’état d’âme de l’humain

Signe l’extase et les souffrances
Par les formules et le jargon,
A parcouru bien des séances
Dans les mémoires et la fiction

Larguant les mots de ses essais
Court le pinceau du romancier
Sur le papier, dans le labeur
Sonne l’écho du rapporteur

Indices dans l’histoire
Synthèses du philosophe
Le sceau du théosophe
Jaunis dans les armoires
Les notes qui s’aiment de Mozart
Demeurent ancrées dans les grimoires
Vieillies dans les livrets
Conservés à jamais

De la lumière choit la stance
L’amour de l’écriture
La soif de répandre
Les scènes de romance
L’envie de faire comprendre
L’ allure de l’aventure
Les termes en assonance

File la griffe du poète
Du recueillement, jaillit la scène
Répand les mots à toute halène
Le verbe et l’épithète
Consonne en élégance
Voyelle dans la cadence

L’âme déballe les belles-lettres
Elle lie les mots dans la mesure,
L’écho des rimes
Jusqu’à l’infime
Pour savourer et pour admettre
La renommée de l’écriture

Oblique ou verticale
Classique ou dessinée
Reliée ou détachée
Le trait de l’écriture
Dans la littérature
Prouve l’ardeur
Du créateur

Un panacée à l’heure du spleen
Le thérapeute l’entérine
Un interlude pour le répit
Un baume vers le zen
Le néophyte l’accomplit
L’issue en est sereine

Du temps passé
Jusqu’à nos jours
Les mots gravés
Demeurent toujours