Abondante végétation qui nous jalonne,
Tant d'ivraie pour nos regards et nos mémoires,
sur les forêts éternelles
aux ancêtres indomptables, sacrés,
aux jeunes descendants hardis
et promettant sous les taillis.
Puissante germination, robustes drageons,
élégantes et persistantes racines,
constante élévation dans la douceur du temps.
A l'aube de ce jour naissant,
je vais contempler les arbres,
de l'orée du bois,
jusqu'au plein coeur de la sylve,
comme un oiseau affamé.
Je ne m'en lasse pas.
C'est un rythme éternel
qui jamais ne s'évanouira en moi.
Car la forêt est dans mon coeur.
A l'est,
le soleil émerge à l'horizon,
surplombant les plateaux
et les menus vallons.
A l'ouest,
il inonde la lisière du bois,
séparant par une ornière peu profonde
les terres hersées la veille ,
et la forêt en mutation.
Je suis seule avec les oiseaux, les arbres,
les animaux cachés, et le petit vent du nord.
La fraîcheur de l'air,
regorgeant d'un filet frais
de saveur subtile
de pin et d'humus,
stimule mon réveil.
Le silence est pénétrant.
Il vient se fondre
aux bruits minuscules
de la vie animale dans la futaie.
Je marche,
dans le grand frisson du royaume sylvestre.
Je me rappelle à chaque fois, en un éclair,
le cadeau éternel pour les êtres humains de la terre :
la forêt naissante,
ses plaines et l'horizon qui l'auréolent.
Pas un bruit.
Ma petite silhouette et la création dominante,
les senteurs boisés,
l'asile végétal et sauvage.
Je suis en harmonie.
La forêt dense, l'humus,
les milliers de brindilles, de branches, de feuilles,
mes émotions maîtrisées,
et la beauté de la lumière
des rayons du soleil,
filtrée sur les troncs
et le sol moelleux de végétation grouillante.
La diversité dans l'unité.
De sentiers en sentiers, de silence en silence,
reposent des mousses encore trempées,
accrochées aux troncs centenaires,
et triomphant en duo
avec les majestueuses fougères.
Eternellement,
je remplis mes yeux de milliers de feuilles
aux couleurs de feu,
les unes vives,
les autres plus douces et délavées.
Les cépées nous offrent
un théâtre vivant,
taillé par la saison,
scène magique, chaude et féerique.
J'avance toujours dans les feuillages,
Descendant vers le creux d’un pré,
encerclé de bois,de nature sauvage.
De grandes herbes sèches
évoquant un friche,
étoffent le milieu.
D'un oeil vif, j'admire le jaune et rose léger
des cerisiers sauvages aux troncs lisses
piqués de petits points minuscules,
le cuivre luisant des feuilles de jeunes hêtres,
le jaune doux des érables de tout acabit,
Le rouge sang des ronces rampantes
Le lit de vin des cornouillers,
la blondeur des mélèzes,
et le marron des charmilles
entourées de pins parasol,
de buissons serrés,
et d'aubépine noire
aux épines affûtées.
Je voudrais que le temps s'arrête
afin que je me purge de cette immensité.
Le cortège de feu
des couleurs de l'automne
vient se greffer dans la volupté sauvage du feuillage,
trônant les hautes herbes.
Les feuilles de toute forme,
incarnées dans les branches du houppier,
dansent sous la brise,
avant d'être portées par les vents cardinaux,
et d'embrasser, en se balançant, l'humus envoûtant.
Le vent se lève,
les cimes bougent sous son ardeur,
et font relief
sur le ciel bleu et les nuages blancs.
Les arbres tendent leurs bras ligneux,
horizontaux, verticaux, tortueux,
résultant du voyage de leur naissance.
Ces chandeliers où il ne manque plus que la lumière,
déploient leurs branches mères,
grises, beiges, rosées,
mouchetées de blanc,
lisses, craquelées,
noires et rugueuses,
à l'écorce déroulée,
aux dessins magiques.
Des milliers d'artères
propulsent mille brindilles ramifiées,
et rejoignent avec tradition le ciel.
Je me dits sans nul doute,
que leur but est comme pour le nôtre :
de gagner l'éternité,
d'être un canal déversant l'oxygène de vie,
le souffle et la beauté,
et enjouer le coeur,
le corps et les yeux des hommes.
Dénués de cette puissance vivante, qui sommes-nous ?
Oh Forêt,
nous sommes les vassaux
de votre Seigneurie,
bienfaisante et intelligente !
Nous courbons l'échine
devant votre force,
votre grandeur, votre grâce,
admirons la robustesse,
et l'éternité de vos générations.
De petits nains......, qui ont besoin de votre présence .....
La Nature est dans nos coeurs,
dans celui de nos Aïeux et futurs Enfants,
dans celui de nos Amis les Oiseaux,
et de notre Famille royale, les Animaux de la Terre.
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