Sens-tu glisser l'eau sur le caillou,
Claqueter la pluie sur la charmille
Alterner les gouttes sur les joues
Chuter en trombe comme des billes ?
Elles dévalent des voûtes du ciel
Battues par les vents, giclent sur la plaine
Sur le sol aride, elles ruissellent
Nourrissent l'ovule des innombrables graines.
Giboulées d'Avril tombent nacrées
Se mêlent aux claires fleurs des rameaux
Dansent dans le vent et la houle
Toquent, roulent en boule
Forgent une nappe de micros sphères givrées
Et dans l'antichambre de la mutation en eau
Liquéfient leur glace sur la terre battue
Puis figent derrière elles un ciel gris, plein et nu.
Gouttes d'eau douce de fine averse
Dégringolent sur l'étang,
Sur les monts, le soleil perce
L'arc en ciel en portique géant.
l'eau en osmose ,………….
Les fougères arborent leurs crosses
Martelées par l'eau mère de la pluie.
D'autre ,jetteront leurs spores
dans le sol humide,
Germeront, et couveront leur embryon
à l'abri de la mousse et des feuillus
La manne descend du ciel
et abreuve l'origine vivante.
La tourbe flotte sur le marécage,
entre la boue et l'iris à peine éclos.
La pluie tombe à l'infini.
Les gouttes translucides
enfantées des nuages,
chutent sur l'étang en manège enchanté,
cascade de rondeurs dansantes,
limpides et vitrées.
Ces minuscules perles ricochent,
émettent des cercles infinis,
élancés par les ondes
sur l'aquatique surface,
puis, vont mourir
vers les tiges cannelées des prêles,
au sein de la complainte enchevêtrée
des sautillantes grenouilles.
La pluie a cessé de battre.
Un calme se lève.
L'air ambiant ferme ses rideaux
pour une autre scène.
Le soleil irradie
et réchauffe la flore,
trempée du pédoncule
aux pétales ramollies d'eau pluviale.
Sur l'étang,
brillent de petites lentilles d'eau.
Collées les unes contre les autres,
elles forment un chatoyant napperon vert.
Non loin de la verdoyante dentelle,
baignent de hautes tiges
filiformes et fuselées.
Elles tanguent sous l'eau sombre,
Entre pétales et racines.
Sur les rives,
Se dressent de grandes tiges
à l'allure de roseaux.
Les cannes tanguent dans la brise,
et leurs reflets dans l'eau
se mêlent aux nuages.
Plus loin,
Parmi les pâturages
peuplés de laiterons et de pâquerettes,
une tranchée sinueuse
offre son ruisseau limpide
à des centaines de lieux,
où se disséminent
petits galets et pierres polies,
et où s'abreuvent les oiseaux,
le cresson, les joncs naissants,
au gré de la mélodie des ondes.
On pénètre dans les forêts de marais
peuplés d'arums verdâtres.
Ils se parent de belles crosses brunes.
Le plantain élève ses longues tiges,
dressant ses fleurs isolées et fines.
Les végétaux macèrent
dans l'eau dormante.
La terre entrelacée
de gorges d'eau stagnante,
et d'humus,
fait réceptacle aux premiers insectes volants
de la forêt d'avril.
Les oeufs de grenouilles
trempent dans la vase
avant l'éclore et de quitter l'étang,
de coasser dans l'herbe
et la jonchère.
Les rainettes vertes
se dorent au soleil sur les nénuphars
et dans les tiges des grandes herbes.
En un éclair,
plongent souples et légères,
glissantes, rapides,
et insaisissables.
Non loin d'ici,
coule une rivière tranquille,
et remonte ses poissons d'argent
du fin fond de l'hiver.
Sur la grève,
les saules et les aulnes,
annoncent la sève
en un port feuillu naissant,
émeraude et tendre.
Ils reflètent dans l'onde
l'ouverture du printemps,
dans l'osmose des pluies
et des flots de la rive.
Balancés par les vagues,
canards colverts et poules d'eau
nagent, culbutent, et plongent,
chantent leurs amours.
Femelles et mâles
se relaient pour couver leurs nids,
flottant à l'entrée des roseaux.
Une barque passe en silence,
dans la cadence de la rame
caressant les vagues...
Les chattons flottent sur l’eau,
Dans le reflet du ciel
et la cadence des ondes.
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