20 mai 2010

Prairial


Juin ouvre ses portes
Au ballet des graminées et des fleurs,
Dans l’interlude herbacé
Et les tourbillons de chaleur.


D’éclatants orages jaillissent
De l’espace céleste
Sur la toile grise métallisée du ciel,
Et pour clore les grondements
Du tonnerre gigantesque,
Les rayons solaires
Traduisent des lumières
de faisceaux lumineux
Conduisant le fluide radieux.
Ils colorent de leur lueur,
L’arborescente fresque
Puis embrasent à l’horizon
La lisière sylvestre.


C’est prairial
Quand le soleil est au zénith,
Où s’activent nos virtuoses
Criquets et grillons,
A des concerts champêtres,
Et danses d’ailerons,
Ensemble ou en solo,
A midi, ou à minuit.


Les céréales regorgent
D’épis d’orges verts,
Sommeillant
Dans leur coque légère.
Les grains en herbe
Dansent dans le zéphyr
Et forment un balancier velu.
La jeune barbe
Tient le secret de leur beauté,
Immergée dans la houle verte,
Blanche et charnue
Baignée dans la tempête
Des lames argentées.


Violettes centaurées,
Enrobez les prairies !
Tapis de bleuets,
Dominez dans les blés
Scabieuse séduisant le bourdon,
Festonnez les sentiers !
Vipérine bleu roi,
Demeurez dans les pierres
Et la terre calcaire.


Graminées abondantes
Et légères,
Culminez dressées
Les unes contre les autres
Oscillant dans le vent,
Vous dansez à la veille de l’été.


Menue brize verte pourprée
Aux épillets en cœur,
Dactyle au chatoyant plumet
Triomphant dans les vagues herbeuses,
« Folle avoine », voguant timidement
Sous l’herbier luisant et blond
En route vers la Saint-Jean,
Pour le foin sec au soleil d’or
Vous annoncez pathétiquement,
Messidor.


Eglantiers roses et blancs,
Vous jetez en fontaine
Vos épines dans les haies,
Mûres sauvages,
Vous ouvrez vos fleurs
Limpides immaculées
Orchis pourpres
Aux pétales blanches
Piquées de graciles grains de beauté
Vous trônez
Parmi les campanules bleues
Et les œillets rosâtres.

Fleurs éternelles
Tanguez dans l’herbeuse crinière
Dense et touffue,
Et le souffle d’air chaud
Du plateau des pins,
Des chênes et des buses.


Grappes de flore étoilée
Des fusains aux lisières des bois,
Vous préparez vos fruits
En roses chapeaux d’évêque.
Odorantes fleurs de sureau noir
En ombelle blanche,
Vous dévoilerez
Vos futures baies brillantes.


Robuste viorne,
Dressez vos fleurs en ombrelle,
Vertes graines du piquant genévrier,
aux enivrantes odeurs,
Grandissez lentement
Sur le plateau des friches.
Berce haute,
Brandissez votre blanc parasol,
Clématite-vigne blanche,
Vous vous entrelacez
Autour des branches.
Fraises des bois,
Exhalez vos pénétrants
Et subtiles arômes !


Immense échiquier
De la flore et de l’herbier,
Je reviendrai vous contempler
A travers des lunes différentes,
Des soleils de Feu
Des pluies incessantes,
Des silences purifiants
Où coulent votre quintessence,
Et les Vents
Confirmant la Vie de l’Eternel Cosmos.









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LES PRINCES DU CIEL, DU VENT, ET DE LA TERRE

Du haut de leur domaine, ils dominent ici
Dans leur dessein, peuplade et dynastie
Sous les nuages, affrontent les courants
Duvet flottant à la croisée des vents

Mille plumes à la voilure
Fendent l’air dans la grâce
Planent dans l’éther
Liant l’ allure
Ils tracent dans l’espace
D’élégantes figures
Ecartés de la Terre
Trônent l’immensité
Bien loin des densités

Indomptables oiseaux
A l’invincible beauté
Réveillent l’humanité
Ses yeux, sa raison
Son rêve ou sa mission

Contemplez-les
Ces cœurs pacifiques
Dans les hauteurs de l’atmosphère
Les escadrons avancent
Sur les baies immenses
Scènes pathétiques
Au parc du Marquenterre.
Escales authentiques
Dans la baie Somme
Moments idylliques
Destinés à l’homme

Le cortège de grues
Aux cris enchevêtrés
Approche les bocages
Les rus et marécages
Le butor étoilé
Sous les roseaux touffus
Protège sa nichée
Des oiseaux à l’affût

Dans les forêts de France
Quand le faucon trame son nid
Les oies survolent la Roumanie
Pour engendrer en Sibérie
Et recréer la transhumance
Des rivages du Danube
aux garrigues de Provence
Des étangs au marais, ils incubent

Le condor du Tibet
A la plume impériale
Sur les rochers dévale
Avec habileté

La mer nacrée du Nord
Cadence ses marées
Où goélands s’invitent
Aux poissonneries du port
En litanies mêlées
Toisent les crustacées
Que les pêcheurs héritent
A bâbord ou à tribord
A toute volée

Les mouettes bavardent
Dans les grands vents marins
Et rumeurs de la mer
A hauteur de l’écume
Des crêtes et de l’embrun
Arguant l’éternité
L’espace et l’Univers
Elles chantent leur âme
Sur les Eaux de cocagne
Quand retombe la lame
L’écho des cris s’éloigne
Sur les dunes boisées
et les rochers s’attardent
Où coule l’eau iodée
Lissant la plume
Dans la harde





Mercredi 19 septembre 2007

Violet en Conception


Le crépuscule descend
De violets nuages
voyagent sur la dune.
Leur beauté révèle
des secrets derrière le voile.
Ils semblent me dire
qu’ au-dessus de la voûte
l’Univers est encore
Beaucoup plus souverain
Devant moi se dresse,
un ravissant jardin
recélant une essence
de couleur mauve,
inondant la corolle des fleurs.
Des lilas exhalent
un parfum enivrant.


Près d'un mur,
de violines lueurs
oscillent dans les veines
de petits iris
parcourant les pavés
de pierre polie
Séraphique allégorie du paradis.
Au seuil du jardin,
pendent de jolis fruits
aux tons pourpres
et violets amalgamés,
enluminant la chair des prunes.
Les couleurs violacées
coulent et lavent
les veines des fragments de vie,
comme un savon entraînant les scories.
Les violets regorgent de pureté,
évoquant la douceur et l'extase.





Je cogite,
Pénètre dans les fouilles
Délirantes de mes pensées,
dans les profondeurs
de l’axiome,
où la compréhension
cherche à s'éclaircir.

Je ressasse en songeant
à la cause
de l'infini mouvement
des particules
qui dansent la farandole
dans l'ordre cosmographique.


Corpuscules traçant
La future naissance des nuances,
De violines et de mauve,
Lilas et lie-de-vin


Elles s'incorporent
dans la cadence et la mesure.
Le nombre de leurs vibrations à la seconde
Engendre la différence de leur couleur
Au terme de leurs ballets d'union,
enfantent les fréquences
que nous baptisons violet...
Résultante du manège parcouru.


L'incalculable alliance
de l'originel grain en fusion,
à la croisée
des bleus et des grenats.
Le monde l’appelle
l'apanage du triangle.



Archives du blog

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GEOMETRIE DES COMMUNIONS


La discipline des approches



Parlez-moi, J'effleurerai votre armature,

Je devinerai votre nature.
Si je me trompe,
Je corrigerai mon empressement.
J'établirai des interludes de réflexion.
Si mes pensées sont bien fondées,
Je laisserai encore le temps,
Le temps d'écouter, de recevoir,
se mettre en harmonie
Intermède où se découvrent deux esprits
Si l'aversion doit l'emporter,
Nos mondes ne devront pas s'amalgamer.
Le détachement ,la tolérance, oscilleront
Dans la justice inévitable des relations.
Si l'attraction triomphe et me distrait
Je penserai, cogiterai et songerai
A établir un échiquier de la fusion.
Me direz-vous, Naturelle sera la connexion
Mais avec vous, j'aspirerai anticiper la conception
Si ma nature consentira la vôtre,
Et mon humeur adoptera vos attitudes,
Si mes silences épouseront vos discrétions
Je laisserai le temps, le naturel et le déclique
Sonner le verdict des atomes identiques
Ou des contraires sympathiques.




L’âme et l’écriture

Sur papyrus ou parchemin
Papier chiffon, papier de bois
Traduit la joie et les chagrins
Réconcilie raison et foi

Scelle les rêves et ses épreuves
Peint ses aveux ou son destin
Dans le silence, elle s’abreuve
De l’état d’âme de l’humain

Signe l’extase et les souffrances
Par les formules et le jargon,
A parcouru bien des séances
Dans les mémoires et la fiction

Larguant les mots de ses essais
Court le pinceau du romancier
Sur le papier, dans le labeur
Sonne l’écho du rapporteur

Indices dans l’histoire
Synthèses du philosophe
Le sceau du théosophe
Jaunis dans les armoires
Les notes qui s’aiment de Mozart
Demeurent ancrées dans les grimoires
Vieillies dans les livrets
Conservés à jamais

De la lumière choit la stance
L’amour de l’écriture
La soif de répandre
Les scènes de romance
L’envie de faire comprendre
L’ allure de l’aventure
Les termes en assonance

File la griffe du poète
Du recueillement, jaillit la scène
Répand les mots à toute halène
Le verbe et l’épithète
Consonne en élégance
Voyelle dans la cadence

L’âme déballe les belles-lettres
Elle lie les mots dans la mesure,
L’écho des rimes
Jusqu’à l’infime
Pour savourer et pour admettre
La renommée de l’écriture

Oblique ou verticale
Classique ou dessinée
Reliée ou détachée
Le trait de l’écriture
Dans la littérature
Prouve l’ardeur
Du créateur

Un panacée à l’heure du spleen
Le thérapeute l’entérine
Un interlude pour le répit
Un baume vers le zen
Le néophyte l’accomplit
L’issue en est sereine

Du temps passé
Jusqu’à nos jours
Les mots gravés
Demeurent toujours