Juin ouvre ses portes
Au ballet des graminées et des fleurs,
Dans l’interlude herbacé
Et les tourbillons de chaleur.
D’éclatants orages jaillissent
De l’espace céleste
Sur la toile grise métallisée du ciel,
Et pour clore les grondements
Du tonnerre gigantesque,
Les rayons solaires
Traduisent des lumières
de faisceaux lumineux
Conduisant le fluide radieux.
Ils colorent de leur lueur,
L’arborescente fresque
Puis embrasent à l’horizon
La lisière sylvestre.
C’est prairial
Quand le soleil est au zénith,
Où s’activent nos virtuoses
Criquets et grillons,
A des concerts champêtres,
Et danses d’ailerons,
Ensemble ou en solo,
A midi, ou à minuit.
Les céréales regorgent
D’épis d’orges verts,
Sommeillant
Dans leur coque légère.
Les grains en herbe
Dansent dans le zéphyr
Et forment un balancier velu.
La jeune barbe
Tient le secret de leur beauté,
Immergée dans la houle verte,
Blanche et charnue
Baignée dans la tempête
Des lames argentées.
Violettes centaurées,
Enrobez les prairies !
Tapis de bleuets,
Dominez dans les blés
Scabieuse séduisant le bourdon,
Festonnez les sentiers !
Vipérine bleu roi,
Demeurez dans les pierres
Et la terre calcaire.
Graminées abondantes
Et légères,
Culminez dressées
Les unes contre les autres
Oscillant dans le vent,
Vous dansez à la veille de l’été.
Menue brize verte pourprée
Aux épillets en cœur,
Dactyle au chatoyant plumet
Triomphant dans les vagues herbeuses,
« Folle avoine », voguant timidement
Sous l’herbier luisant et blond
En route vers la Saint-Jean,
Pour le foin sec au soleil d’or
Vous annoncez pathétiquement,
Messidor.
Eglantiers roses et blancs,
Vous jetez en fontaine
Vos épines dans les haies,
Mûres sauvages,
Vous ouvrez vos fleurs
Limpides immaculées
Orchis pourpres
Aux pétales blanches
Piquées de graciles grains de beauté
Vous trônez
Parmi les campanules bleues
Et les œillets rosâtres.
Fleurs éternelles
Tanguez dans l’herbeuse crinière
Dense et touffue,
Et le souffle d’air chaud
Du plateau des pins,
Des chênes et des buses.
Grappes de flore étoilée
Des fusains aux lisières des bois,
Vous préparez vos fruits
En roses chapeaux d’évêque.
Odorantes fleurs de sureau noir
En ombelle blanche,
Vous dévoilerez
Vos futures baies brillantes.
Robuste viorne,
Dressez vos fleurs en ombrelle,
Vertes graines du piquant genévrier,
aux enivrantes odeurs,
Grandissez lentement
Sur le plateau des friches.
Berce haute,
Brandissez votre blanc parasol,
Clématite-vigne blanche,
Vous vous entrelacez
Autour des branches.
Fraises des bois,
Exhalez vos pénétrants
Et subtiles arômes !
Immense échiquier
De la flore et de l’herbier,
Je reviendrai vous contempler
A travers des lunes différentes,
Des soleils de Feu
Des pluies incessantes,
Des silences purifiants
Où coulent votre quintessence,
Et les Vents
Confirmant la Vie de l’Eternel Cosmos.
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